Le carillon et la Tour Abbatiale de Saint Amand Les Eaux

C'est dans le nord de la France, la Belgique , la Hollande, bref les Flandres, que le carillon connut ses plus belles heures, son âge d'or.

 

En tous temps, dans toutes les religions, les cloches signifièrent l'alliance du Divin et du Terrestre. Mais plus que tout, dans les Flandres, le carillon de la chrétienté fut lié aux choses quotidiennes, marquant heures et travaux, accompagnant les fêtes et les danses, tel une véritable enluminure sonore, digne des Très Riches Heures du Duc de Berry.la tour abbatiale de St Amand Les Eaux

 

C'est au XIIème siècle qu'apparait l'horloge sonnante (le quadrillo) avec l'obsession de suivre la marche du temps avec son cortège de joies et de peines. C'était un ensemble de quatre petites cloches "appiaux", clochettes d'appel qui tintaient avant que ne sonne la grande cloche des heures.

 

Mais en ces temps de grande foi, qui dit heures dit matines, vêpres et complies, c'est à dire les prières. Et à Lyon, on joue déjà sur le quadrillo les hymnes et les psaumes. Ainsi naissent le carillon et le futur carillonneur. Mais à cette époque c'est le batteleur qui est chargé de "batteler les appiaux" à l'aide de maillets de bois, le batteleur qui dans l'esprit des chrétiens doit porter hors du Temple un écho des prières du sanctuaire.

 

Au XIVè siècle, les riches cités des Flandres entretiennent un batteleur, tel Jehan des Bacques à Douai en 1391, surnommé assez mystérieusement l'inventeur du carillon.