Pendant la période d'entraînement, la ration énergétique quotidienne du sportif doit apporter 2500 à 4000 calories, à répartir entre 12 à 15% de protéines, 25 à 30% de lipides et 55 à 60% de glucides.
Grâce à une alimentation riche en hydrates de carbone, les sportifs scandinaves remportèrent au cours des années 50 et 60 un certain nombre de victoires dans les épreuves de longue durée, en ski de fond notamment. C'est surtout l'écrasante victoire de Ron Hill au marathon d'Athènes des Championnats d'Europe 1969 qui devait mieux faire connaître la préparation alimentaire révolutionnaire à l'époque : le régime dissocié scandinave. En effet les travaux scandinaves ont montré que le taux de glycogène musculaire était dépendant du niveau des apports glucidiques. Chez un sujet recevant habituellement 50% de glucides, l'augmentation de cet apport à 70% pendant 3 jours double la concentration en glycogène musculaire. De ce fait, le temps de travail à 75% de la VO² Max passe de 114 minutes à 167 minutes.
Ce régime s'applique aux 6 jours précédant une compétition.
On distingue donc deux périodes d'application :
Du 6è jour au 4è jour avant le marathon.
Pendant les trois premiers jours, l'alimentation est hypoglucidique, hyperprotidique et hyperlipidique (35% de protides, 55% de lipides et 10% glucides). On associe un entraînement intense à 80% de la VO² Max pendant plus d'une heure le premier jour. Cela facilite l'épuisement des réserves glycogéniques musculaires.
| Petit déjeuner |
|
|
Déjeuner |
|
|
Collation |
|
Crème anglaise sans sucre avec édulcorant faite avec un œuf et du lait entier |
|
Dîner |
|
Du 3è jour à la veille du marathon.
Les trois derniers jours sont consacrés à la recharge glycogénique grâce à une alimentation presque exclusivement glucidique (12% de protides, 8% de lipides et 80% de glucides). Par ailleurs on ralentit très fortement l'entraînement , voire on l'arrête. Mais ce régime s'accompagne fréquemment d'incidents : perte de poids, troubles digestifs, fatigue, diarrhée, hypoglycémie et troubles de 1'humeur; qui le font actuellement de moins en moins pratiquer. On lui préfère le régime dissocié modifié à la "française". Cette phase permet une recharge massive du glycogène musculaire.
Le repas de la veille du marathon.
Il doit être de digestion facile.
Le soir précédent la compétition (la pasta partie)
Dans cette phase ultime, il faut poursuivre le régime hyperglucidique.
De ce fait, il s'agit de manger le soir, soit 8 à 12 heures avant
l'épreuve, 300 à 1000 g de pâtes cuites en évitant les sauces trop
relevées. Le repas doit donc être hypercalorique, riche en glucides complexes
à IG moyen ou bas (65-70 % de l'apport énergétique total
quotidien).
Quel que soit le repas, en compétition comme à l'entraînement,
il s'agira d'appliquer la structure issue de la règle 421 GPL-Eau, précédemment
étudiée :
- entrée de crudités ou de « cuidités » ;
- plat principal, 120 à 400 g (poids sec), soit 300 à 1 000 g
(poids cuit) de pâtes, avec assaisonnement digeste ;
- viande rouge ou blanche (120 à 200 g soit 1,5 à 2g/kg de poids
corporel), plutôt grillée. Notons que la consommation de viande
n'a pas d'effet néfaste sur la santé et en particulier sur l'excès
d'urée, d'acide urique, d'ammoniac, de créatinine et d'acide lactique,
comme souvent il était dit jadis. Evitons simplement les viandes grasses,
les sauces ;
- fromage non fermenté, ou produits laitiers frais ;
- un dessert sous forme de fruits et produits sucrés, tarte aux fruits,
gâteau de semoule ou de riz avec fruits au sirop, cake, biscuits, entremets
ou confiserie ;
- pendant le repas, 120 à 250 g de pain sans oublier 2 ou 3 verres d'eau.
En effet, le régime scandinave étant
généralement mal accepté par les athlètes, les français ont préféré opté pour
un régime modifié hyperglucidique observé que pendant les 3 jours précédant
l'épreuve. Ce régime modifié comporte une alimentation presque
habituelle pendant les trois premiers jours, avec un apport énergétique
total quotidien habituel réparti en 50 % de glucides, 35 % de lipides
et 15 % de protides.
Les 3 derniers jours avant la compétition, l'entraînement est arrêté
mais le régime est renforcé en calories (500 à 1 000 kcal
de plus que la dépense énergétique) et hyperglucidique
(70 % de glucides). Tous les repas sont renforcés en glucides (pâtes,
notamment), plus particulièrement le soir.
En effet, les travaux de Costill ont
démontré que seulement 3 jours étaient nécessaires pour obtenir une surcompensation
glycogénique, avec un régime comprenant 70% de sucres et ceci sans phase hypoglucidique
préalable.
Le bon sens ainsi que ces résultats scientifiques recommandent donc d'utiliser
exclusivement ce procédé nutritionnel qui est d'ailleurs bien toléré par tous.
Selon les différents index glucidiques des hydrates
de carbone (sucre), on pourra déterminer certaines indications pratiques
quant à leur utilisation. Ainsi, plus l'épreuve est éloignée
dans le temps, plus les glucides devront être complexes et d'index glycémique
(IG) moyen ou bas (glucides dits lents). De 8 à 12 heures avant l'épreuve,
on préconisera les pâtes, les lentilles. Deux à 4 heures
avant, si le sportif les apprécie, choisir les pommes de terre à
chair ferme ou mieux le riz à IG élevé. Enfin à
moins de 2-3 heures avant, les biscuits, les barres céréalières
chocolatées, le pain d'épice, pâtes de fruits, gâteaux
secs, de semoule ou cake seront les bienvenues.
Donc, plus l'épreuve est proche, plus les glucides seront simples, à
IG élevé, avec pendant l'épreuve avant tout du glucose.
Une petite exception chez les sportifs hyperinsulinosensibles, très émotifs,
ou ayant négligé le repas 3 heures avant, on peut conseiller d'ingérer
de petites quantités de fructose dans l'heure précédant
le départ.
Voici ainsi un exemple de régime dissocié à la française , à 2960 Kcalories
Références Bibliographiques :
1. Chanu H., Lamarre C. : Alimentation
en vue d'un marathon : "tout se joue avant". Le Quot. du Méd., 1993,
5186,24-25
2. Guézennec CY. Le régime alimentaire avant et pendant
une compétition d'endurance. Rev Prat., 1990, 95, 19-24
3. Creff AF, Bérard L. Diététique sportive : physiologie
nutrionnelle et diététique des activités sportives. Paris: Masson; 1982.
4. Monod H, Kahn JF, Amoretti R, Rodineau J. Médecine
du sport - Collection pour le praticien. 3ème ed. Paris: Masson; 2005.
| Connaissez-vous les effets du marathon sur l'organisme humain ? Certes non ! Je vous propose d'en avoir une idée en allant sur mon autre site consacré à l'acupuncture-moxibustion appliquée aux marathoniens dans le but d' accélérer la phase de récupération. Cliquez ensuite sur le bouton "Nosologie Occidentale" |